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VOYAGE

Naissance du projet.

Au retour d’un voyage en méditerranée et après être entré sur la lagune de Sète, je retourne au chantier naval de Balaruc pour faire démâter le Ravachol. Je connais un peu cet endroit, j’y suis déjà venu quelques fois, c’est un endroit qu’on appelle le « marigot », c’est un petit port disons….bordélique….avec, en plus des bateaux dans toutes sortes d’états, on trouve pêle-mêle des caravanes sans roues, des fourgons sans moteurs, de la ferraille, des morceaux en tout genres et des gens qui habitent là et qui eux aussi ont souvent perdus quelques morceaux en route. Le genre d’endroit que j’aime particulièrement et qui sont devenus très rares sur la côte méditerranéenne. Tout les midis ou presque j’allais déjeuner dans une toute petite cantine, coincée au fond d’un chantier naval, et très vite j’ai fait partie de la faune locale. Les adoptions se réalisent très vite dans ce genre d’endroit, surtout quand on joue la même partition. Donc, c’est en sortant de cette guinguette accompagné du patron de ce chantier qu’on passe derrière un beau bateau en acier complètement délabré, l’Anitra, et que, je ne sais toujours pas pourquoi, le patron me dit que ce bateau est à vendre et que je devrais aller le visiter.

De bateau j’en ai déjà un, je vois pas exactement ce que je pourrais faire de deux bateaux, mais je suis aussi curieux……et donc je monte à bord et je découvre un intérieur tout en bois massif, solide et fait avec gout, des rangements partout, une cheminée à bois et même ….une baignoire. Un à zéro pour toi, mon pote…..et très vite deux zéro quand il m’annonce le prix.

J’ai pas les sous mais j’ai une amie qui vient de vendre la grande roulotte de forain dans laquelle elle vivait et qui pourrait bien être intéressée …..et ça marche, je m’engage à assurer les travaux et c’est parti.

Mais très vite un problème vient enrayer ce bel élan, j’ai nommé….un cancer, puis deux….je perds ma belle énergie, les choses deviennent lourdes, mon amie essaye de poursuivre les travaux, mais une femme seule c’est une cible facile, le travail se fait avec peu d’entrain, on joue la montre, on a du mal à comprendre, chacun essaye de convaincre que SA méthode est la meilleure et traine des pieds quand on sort de son registre. Je me rends compte très vite que la situation nous échappe et je n’ai plus les moyens d’intervenir. Après ces expériences malheureuse mon amie finit par renoncer et les choses en restent là.

Moi je pars dans d’autres aventures du genre chirurgicales, puis deux mois d’hôpital, ce qui me laisse le temps de réfléchir à la suite de mon passage sur terre. Confortablement installé dans mes draps j’ élimine de mes projets le maximum de ce qui me déplait, et je réorganise ceux qui me tiennent à cœur en fonction de mon nouveau corps. Je suis passé en quelques mois de la morphologie Baraldo, c’est à dire grands costaud à l’estomac proéminent à celle des Weinstoerffer, du coté de ma mère, élancés, fins, souples…. bref je suis passé de 105 kg à 65 kg. Bizarrement une idée me revient sans arrêt, idée en dehors de toute logique, complètement déraisonnable, mais persistante et même obsédante; l’Anitra devenu Polypode, et qui s’appelle aujourd’hui le Marius-Jacob. Ce bateau voulait-il n’avoir à faire qu’a moi? Pensait-il que pour revoir un jour l’océan j’étais son meilleur complice? En tout cas à ma sortie de l’ hôpital, à peine capable de marcher une centaine de mètres et ça en regardant bien le sol devant moi pour ne pas perdre l’équilibre, une de mes première préoccupation a été de racheter ce bateau.