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Voyage

Ceci est le début d’un récit de voyage, juste un parmi beaucoup d’autres récits de voyage. Mais ce récit de voyage a plusieurs avantages, d’abord parce que c’est le mien ou le notre, parce qu’ apparemment on devrait partir à plusieurs sur plusieurs bateaux et parce qu’il a lieu à un moment troublé par la crise climatique, le Covid, et l’ effondrement d’un modèle économique sur lequel nous avons vécu depuis notre naissance. Toutes ces causes font qu’on va vivre de grands bouleversements qui vont peut-être nous permettre, si on fait pas trop les cons, de créer ensemble et après des moments très difficiles, enfin, un monde meilleur.

Mon seul regret c’est qu’il a fallu atteindre les limites de notre modèle pour que les gens réagissent. Tout ça aurait quand-même été bien plus noble si nous avions réagi avant d’y être contraints. Je crois en l’humain, en la personne que j’ai en face de moi, quand elle fait l’effort de montrer le meilleur d’elle même, je ne crois plus du tout en l’ humanité. Quand je suis en face de vous je me contente de votre meilleur, mais dés que vous que je sens poindre la bête hideuse qui vous habite, je continue à vous écouter par politesse et surtout en laissant mon doigt appuyé sur la touche effacer de mon cerveau.

Je crois que ce qui me déçoit le plus dans l’humanité c’est ce mépris absolu de ce que vous ont légué vos anciens, sauf pour ce qui a une valeur financière bien sûr. Comment avez vous pu, je parle de la grande majorité d’entre vous, abandonner votre indépendance, votre fierté, votre dignité, pour accepter de ne plus pouvoir vivre sans quelqu’un qui vous fournit votre nourriture, votre droit d’exister, votre droit de respirer, en échange de votre liberté de penser, de vous exprimer, de vivre VOTRE vie.

Souvent je me dis que l’humain est prêt à tout accepter pourvu qu’on lui laisse une petite place dans le groupe et quelques miettes du grand festin. On s’y est tous laissé prendre au grand jeu de la mondialisation, du libéralisme….tous du nord au sud, même ces fiers Inuits qui savaient vivre de chasse et de pèche dans les conditions les plus difficiles et qui, pour du chauffage et quelques vivres frelatés, ont abandonné leur culture et leurs savoir-faire millénaires, trésors légués par leurs anciens, sans le moindre regret. Et quand notre beau système s’écroulera ils seront simplement abandonnés sans aucune hésitation, comme on abandonne nos vieux, nos jeunes, nos chômeurs, nos SDF, nos réfugiés et tout ce qui n’est pas rentable. Voilà enfin un des rêves les plus chers de notre brave Hitler qui se réalise. C’était bien la peine de lutter contre le nazisme au prix de millions de morts pour en arriver là.

Heureusement tout le monde ne s’y est pas laissé prendre, certain on même compris depuis très longtemps, mais quand même quel gâchis.